L’art inspiré de l’école bouddhique « huayan »

Christophe Decoudun
Maître de conférences à l’Université du Shandong 山东大学 à Jinan en Chine où il enseigne le français. Docteur en histoire de l’art/archéologie de l'Extrême-Orient (spécialisé sur la Chine) à Paris-Sorbonne (Paris IV)

Heure de début17:30
LocalisationCampus universitaire, bâtiment Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sports / Amphi III

 

Nous porterons notre attention sur le développement d’une iconographie inspirée d’une école du bouddhisme chinois : l’école huayan 华严.

Celle-ci est née de l’élaboration et de l’étude d’un sūtra, l’Avatasaka-sūtra (Huayan jing 华严经en chinois), dont les écrits venus d’Inde ont été regroupés en Chine entre les IVe et Ve siècles. La particularité de ce sūtra est sa dimension métaphysique, c’est-à-dire qu’il adopte une approche rationnelle et cognitive de principes abstraits relatifs à la philosophie bouddhique et en propose une forme de théorisation.

En Chine, l’intégration et le développement du bouddhisme huayan peuvent être étudiés principalement à travers deux aspects. Premièrement, par la transmission des écrits indiens ainsi que par l’écriture de nouveaux textes chinois qui ont été ensuite compilés au sein de ce sūtra. Et deuxièmement, par la retranscription et l’adaptation progressives de principes métaphysiques dans l’art au sein de l’espace géographico-culturel chinois à partir du Ve siècle et jusqu’au XIIIe siècle.

Pendant cette longue période, qui a suivi presque entièrement celle du Moyen-âge européen, le bouddhisme huayan a donné naissance à un corpus unique de textes et de productions iconographiques qui ont pu être portés par le pouvoir impérial en place dès le VIIe siècle. En outre, malgré la disparition progressive de ce bouddhisme en Chine à la fin de cette période, marquée par de nombreux troubles et de nouvelles influences, la tradition huayan a continué de se perpétuer en Asie, notamment en Corée et au Japon, où elle a parfois revêtu des formes plus ésotériques.