La peinture de la Renaissance italienne au XVe siècle

Agnès Faure, Docteure en histoire de l’art, chargée de cours à l’UPPA

1h30 hebdo/Cours semestre 2

Au début du Quattrocento, la ville de Florence est un important foyer d’innovations dans le domaine de la représentation. L’invention de la perspective est au cœur des préoccupations des artistes qui cherchent désormais à faire du tableau une fenêtre ouverte sur le monde. Ce phénomène s’illustre particulièrement à travers les œuvres des principaux maîtres toscans tel que Masaccio qui donne à l’espace pictural une nouvelle définition. À la même époque, les fresques de Fra Angelico au couvent San Marco fournissent une interprétation différente de la peinture de la Renaissance, privilégiant davantage la lumière et la couleur. Plus tard, Piero della Francesca, peintre et théoricien toscan, bénéficie des enseignements de ses prédécesseurs florentins. Il est particulièrement connu pour les célèbres fresques qu’il a laissées à la basilique d’Arezzo, entre 1452 et 1466. Les innovations formelles de certaines d’entre elles sont tout à fait remarquables et témoignent à la fois de la rigueur géométrique apprise à Florence et de l’influence du luminisme naturaliste flamand.

Pendant la seconde moitié du Quattrocento, Sandro Botticelli fournit une interprétation picturale particulièrement sensible et raffinée du contexte littéraire et philosophique florentin. Il fait principalement carrière auprès des Médicis et leur rend hommage en incluant les portraits des seigneurs de Florence dans une Adoration des Mages réalisée en 1475 (Musée des Offices, Florence). Quelques années plus tard, avec le Printemps (Musée des Offices, Florence), il réalise pour la villa médicéenne di Castello un chef d’œuvre de beauté idéale et sans doute un tableau mythologique des plus mystérieux du XVe siècle.

Notre propos s’orientera donc cette année autour de l’œuvre des maîtres de cette période de production picturale novatrice, une période pendant laquelle Florence a vu naître, notamment entre 1400 et 1430, des modèles, des pratiques et des théories qui allaient distinguer l’art occidental pendant les cinq siècles qui ont suivi.