Etats généraux 1787-1789 : aux origines de la culture politique des Français

Frédéric Bidouze, Maître de Conférences en histoire moderne à l’UPPA

1h30 hebdo/semestres 1 et 2

Entre histoire événementielle et anthropologie politique, ce cours se propose de raconter comment la monarchie française, en crise de pouvoir et en crise financière, a donné la parole aux Français, dans un élan inédit d’enthousiasme et d’espoirs à perte de vue. Lorsque Louis XVI demande aux Français de l’aider à conduire le royaume vers le progrès et l’égalité fiscale notamment en convoquant les Etats généraux lors de l’été 1788, il libère en même temps les énergies inventives et utopiques de nombreux intellectuels issus des trois ordres de la société. Les Etats généraux, qui se réunissent à partir du 5 mai, ne seraient jamais plus ceux du seul roi de France mais de toute une nation ; de manière presque mécanique, la liberté de parole accordée par le Roi a valu comme un abandon de sa souveraineté pleine et entière.

La lecture de la Révolution française qui divise les historiens français jusqu’à nos jours peut-elle enfin se faire en regard de notre contemporanéité ? Peut-on avancer que la Révolution, déclenchée par une crise de régime politique et financière, a mis en route un processus d’apprentissage de la démocratie auquel tous les Français ont répondu par une immense propension à parler fort, à s’exclure, à confondre durablement la liberté et l’égalité, pour le meilleur et pour le pire ?